Bulletin no 261 du 25/11/2006
 

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PSYCHOLOGIE PHILOSOPHIE SPIRITUALITE

  Ne crois rien parce qu'on t'aura montré le témoignage écrit de quelque Sage ancien,
Ne crois rien sur l'autorité des Maîtres ou des Prêtres.

Mais ce qui s'accordera avec ton expérience et après une étude approfondie satisfera ta raison et tendra vers ton bien cela tu pourras l'accepter comme vrai et y conformer ta vie.

SIDDHARTA GAUTAMA (BOUDDHA)

 

Bulletin no 261

Séance du 25/11/2006

 Lecture de la planche d'Ir. intitulée "Explications douteuses"

Notre sœur Ir. a rappelé les circonstances dans lesquelles cette planche lui a été demandée : elle a rapporté lors de la réunion du 19 août, au titre de sa fonction de secrétaire, les "minutes" de la séance du 5 août sans avoir en sa possession le cahier d'enregistrement habituel. Plutôt satisfaite d'avoir pu rapporter "de mémoire" les minutes enregistrées, les demandes relatives à l'absence du cahier l'ont troublée et lui ont donné une impression de faute. Le trouble est devenu angoisse et les réponses de plus en plus compliquées.

Pour Ir., cette complexité prend sa source dans sa volonté d'être parfaite qui la pousse à vouloir convaincre ceux qui l'écoutent en leur donnant le plus de détails possible, ce qui rajoute de la complexité à ses réponses.

Puis Ir. a fait part de son hyperactivité et de sa difficulté à achever ce qu'elle commence en laissant aux autres le soin de le faire ou en comptant sur l'oubli qui, avec le temps, peut tout effacer.

Ir. a évoqué son adolescence agitée qu'elle a consacrée à la recherche d'un modèle de père, puis sa grand-mère négligée par son mari et enfin sa mère qui a dû faire face à des évènements douloureux. Ir. pense que sa mère, ayant éprouvé un sentiment d'abandon, a été dans l'incapacité de s'attacher aux autres et d'aimer.

La volonté d'être aimée pousse Ir. à se justifier mais le manque de lâcher-prise qui en résulte lui donne un sentiment d'inconfort et d'échec.

Ir. a fait part de sa difficulté, quand elle est seule, à stimuler les centres énergétiques et à maintenir un rythme. La beauté des rencontres de groupe suscite en elle l'aspiration à mettre en place une harmonie, à s'élever et à abandonner ses défenses pour obéir.

Invitée à faire un commentaire sur ce qu'elle venait de lire, Ir. a précisé que sa planche, achevée depuis longtemps lui a paru nouvelle tant elle est devenue distante de ce qu'elle a écrit. L'émotion l'a étreinte lorsqu'elle a évoqué les évènements familiaux. En revanche, elle a aujourd'hui plus de sensations sur le plan énergétique qu'elle n'en avait à l'époque.

Pour quelles raisons Ir. s'est-elle exprimée sur les énergies alors qu'elle était invitée à parler d' "explications douteuses" ? Est-ce un désir d'avoir toujours raison qui l'amène à répondre à côté de la question posée, à la manière des politiques ? Cette façon de faire de la politique ne nous intéresse pas.

Ir. a dit souffrir d'être ainsi mais souffre-t-elle d'un handicap qu'elle ressent ou des observations que les autres lui font ? Le fait de vivre seule ne lui donne pas suffisamment l'occasion d'être soumise au regard de l'autre. Selon Ir., même ses actes lui renvoient sa façon d'être compliquée.

Le mécanisme du mental face à la vérité

D'autres frères ont évoqué leur tendance à dissimuler un acte manqué ou une erreur de raisonnement par une explication douteuse. La dissimulation découle-t-elle d'une sensation de culpabilité associée à un mélange d'orgueil, de manque de confiance en soi et de besoin de reconnaissance ? Les mécanismes de dissimulation sont vite perceptibles dans un dialogue fondé sur la logique. Pourquoi ne pas être clair tout de suite et donner (accepter) l'explication simple qui est l'expression de la vérité ?

Quelques circonstances conduisant à fournir des explications douteuses ont été évoquées :

-       Celui qui tient à paraître intelligent a tendance à vouloir justifier ses erreurs pour ne pas laisser l'autre formuler de jugements à son égard. Il nie sa responsabilité et la rejette éventuellement sur les autres, en expliquant que ses dysfonctionnements résultent d'un enchaînement logique et inévitable de causes et d'effets.

-       Celui qui refuse un handicap use d'artifices pour "sauver la face". Par exemple, la surdité, qui altère la compréhension des échanges, peut être difficile à vivre et à assumer aux yeux des autres. Toutefois, la mobilisation de l'intelligence pour reconstituer ce qui vient d'être dit permet de développer des qualités particulières.

-       Celui qui veut paraître rationnel, alors que le ressort principal de ses actions est le désir, cherche à donner à ce dernier l'aspect du devoir. La formation et la culture peuvent l'avoir conduit à présenter une facette rationnelle pour jouir d'une respectabilité.

Action par devoir ou en réponse à un désir ?

Sans entrer dans des nuances très fines, chacun a pu s'exprimer sur les pourcentages d'actions quotidiennes faites par désir ou par devoir.

 

Devoir

Désir

 

Devoir

Désir

 

Devoir

Désir

 

Devoir

Désir

Ph.

70%

30%

Co.

20%

80%

Mo.

70%

30%

La.

80%

20%

Ol.

?

?

Cl.

?

?

Jo.

50%

50%

He.

75%

25%

Th.

40%

60%

Do.

?

?

Si.

?

?

 

 

 

My.

50%

50%

Pi.

50%

50%

Di.

40%

60%

 

 

 

So.

50%

50%

Ir.

40%

60%

Ma.

40%

60%

 

 

 

Dans les tâches qui relèvent du devoir, la distinction est faite entre celles qui procurent du plaisir et celles qui sont vraiment une contrainte. Des frères parviennent à considérer ces dernières avec une certaine neutralité sachant qu'une fois accomplies, la sensation d'avoir évité des situations désagréables laisse la place au plaisir.

Par habitude ou pour fuir dans l'action, nous pouvons nous enchaîner à des devoirs qui ne sont pas dictés par une raison supérieure. Donnons-nous la priorité à la lecture spirituelle, l'étude et la méditation ou à nos autres obligations plus matérielles, comme le ménage ? En laissant apparaître comme impératif ce que nous faisons, bien souvent nous nous mentons à nous-mêmes. Tous les frères reconnaissent qu'ils se donnent des prétextes pour ne pas accomplir ce qu'ils s'étaient promis de faire et qu'il en résulte un sentiment de culpabilité.

Certains frères agissent presque exclusivement par devoir et ont rendu taboue la notion de plaisir. Ils sont à la fois le tyran et la victime, se sentant obligés d'en faire toujours un peu plus, pour des questions de survie, pour conserver leur travail…

D'autres frères se plaignent de manquer de temps libre, mais à quoi le consacreraient-ils ? A un effort d'élévation ou à la satisfaction de désirs ? L'homme a fréquemment besoin de travailler pour être canalisé.

Les contraintes subies ou les sollicitations des proches, parfois ressenties comme excessives, peuvent conduire à un sentiment de frustration. Il est possible de trouver du plaisir dans l'adhésion à la demande et dans la satisfaction de bien faire.

Certains frères encore manquent de volonté et se laissent distraire ou absorber par autre chose que par leur devoir lorsqu'ils sont livrés à eux-mêmes. Ils ont besoin d'être canalisés par un cadre ou alors doivent faire un effort particulier pour se focaliser à un niveau plus élevé.

Avoir la responsabilité d'éduquer des enfants est une très bonne opportunité pour se canaliser. Cela peut être plus ou moins agréable selon l'âge des enfants. Au fond, l'enfant que nous sommes aime-t-il s'occuper d'un autre enfant, ne préfère-t-il pas ses propres distractions ?

Lorsque nous travaillons avec plaisir, agissons-nous par désir ou par devoir ? Les artistes disent souvent qu'ils ne travaillent pas mais qu'ils se font plaisir. Etant passionnés par ce qu'ils font, ils sont fréquemment dans l'hyperactivité. Le fait de privilégier certains fonctionnements ne favorise pas l'élargissement de conscience. Ce peut être le cas pour les informaticiens qui se complaisent dans le développement de logiciels ou d'applications spécifiques en se coupant des réalités.

Nos souhaits de réorientation professionnelle sont-ils motivés par l'âme qui veut servir ou par la personnalité qui est dans l'illusion de servir mais qui cherche à se procurer un plaisir ? Ce questionnement peut s'appliquer à tous ceux qui exercent dans le domaine humain, social ou médical. Le font-ils réellement pour les autres ou pour eux-mêmes ? Peuvent-ils facilement briser le cercle dans lequel ils fonctionnent ? Ne ronronnent-ils pas ? La mort peut être vue comme une délivrance heureuse car un vieil homme ne peut plus changer quoi que ce soit.

Pour beaucoup, méditer procure du plaisir mais est-ce que les méditations qui suscitent du plaisir sont celles qui sont le plus utiles ? Ne nous réfugions-nous pas dans un espace confortable en nous donnant le sentiment de servir l'humanité et la Hiérarchie ?

Est-ce que le fait de participer aux rencontres de groupe est un plaisir ou une contrainte ? Cela peut demander du courage lorsque les frères sont ébranlés par une remise en question qu'ils ne comprennent pas.

L'accomplissement et le travail de groupe

Avons-nous le sentiment de vivre un accomplissement à travers nos actes ?

"L'observation est un pas vers la justice.

L'individualisme est trahison du renoncement à soi.

Sans accomplissement il n'y a pas de sentier."

Cet extrait de l'Agni Yoga nous invite d'abord à une observation de nous-mêmes, puis elle énonce une sentence et enfin nous rappelle à notre devoir.

La Hiérarchie incite à l'oubli de soi et au travail de groupe, qui seuls amènent à l'accomplissement. Un disciple ne poursuit aucune ambition et ne cherche pas à réaliser de grandes actions.

Des tâches modestes accomplies avec des frères et pour l'élévation du groupe donnent l'opportunité d'un dépassement de la personnalité, contrairement aux actes posés à l'extérieur du groupe, même de solidarité, qui permettent toujours de récupérer une valorisation sociale.

Tant que nous nous mobilisons de manière personnelle pour accomplir des tâches, aussi grandes et bonnes soient-elles, y compris dans le domaine spirituel, il n'y a ni oubli de soi ni élévation. L'accomplissement individuel est un mirage entretenu par beaucoup d'institutions et en particulier à l'école.

Les frères qui se comportent comme s'ils n'avaient pas besoin du groupe se trahissent eux-mêmes et trahissent l'âme de groupe. Qu'est-ce que nous sommes vraiment ? Avons-nous vraiment de quoi être satisfaits de nous-mêmes ? Quand nous méditons, sommes-nous tournés vers Dieu et les autres ou vers nous-mêmes ?

Rédaction du bulletin

La rédaction du bulletin est l'exemple d'un travail collectif qui demande beaucoup de temps aux rédacteurs. Ils doivent porter une grande attention au fond et à la forme de l'écrit. Non seulement les concepts qui ont été développés ne doivent pas être trahis mais le style oral adapté au groupe doit être retranscrit dans un style plus littéraire compréhensible par tous, y compris par des lecteurs extérieurs qui n'ont pas les mêmes prérequis.

Prise de conscience

L'Instructeur observe non seulement nos actes, Il saisit aussi nos mouvements internes. Percevant ce que nous avons à transformer avant que nous en ayons conscience, Il peut avoir du mal à expliciter ce que nous ne voyons pas. Il faut parfois plusieurs années et le concours d'événements pour que nous puissions enfin comprendre. Même ceux qui ont commencé très tôt cette démarche n'ont pas fini de transformer leurs mécanismes. Nous mesurons le temps nécessaire pour développer ne serait-ce qu'une vertu, combien en faudra-t-il pour que nous puissions toutes les vivre au point de pouvoir entrer en contact avec l'âme ?

Pouvons-nous développer l'humilité alors que l'orgueil nous sert dans notre profession ou dans l'exercice d'une fonction importante au sein de la société ?

La personnalité omniprésente

Ceux qui ont tendance à s'affirmer sont fortement interpellés dans le groupe. Ils n'en comprennent pas toujours la raison et peuvent dire : "J'ai l'impression que vous me voyez plus noir que je ne suis."

Les questions suivantes peuvent leur être posées en retour : Ce qui est à corriger est-il symboliquement noir ou blanc ? Qu'est-ce qui est vu par soi-même et par les autres ?

Leur remarque témoigne de la manifestation d'une personnalité :

-       qui n'a pas été canalisée par un éducateur suffisamment vigilant,

-       qui a acquis une grande capacité à rebondir en refusant de se remettre en question.

Il est difficile d'atteindre la couche profonde d'une personnalité qui a postulé qu'elle ne "broncherait" pas. Certains versent une larme lorsqu'ils ne se sentent plus aimés ou ne peuvent plus s'aimer, tels qu'ils se voient. D'autres ont tellement pris le parti de ne pas être aimés pour obtenir ce qu'ils veulent, qu'ils se sont endurcis.

Ils ne sont pas encore prêts à débusquer les tendances profondes de l'égoïsme et de l'orgueil, développées au cours des vies passées, et qui se sont exprimées avec force dès leur naissance.

Education des enfants

Bien souvent, une analyse de premier degré tend à rendre les parents responsables de nos problèmes et à nier ce que nous avons apporté avec nous dans cette incarnation. Un disciple se remet en question fondamentalement, il n'invoque pas les conditions dans lesquelles son enfance s'est déroulée.

Il peut éventuellement reprocher à ses parents de ne pas l'avoir finement interpellé. Pour amener un enfant à la maîtrise de la personnalité, il ne doit pas être observé ou canalisé seulement sur le plan physique. Il doit l'être aussi sur les plans mental et émotionnel.

Qu'il s'agisse ou non d'âmes évoluées, les enfants ont besoin d'être observés sans complaisance. Ils peuvent manifester très tôt des traits de caractère, des dispositions et des aspirations qui leur sont propres. Sans trop se laisser impressionner, l'éducateur doit leur apprendre, tel un Frère Instructeur, à reconnaître ce que veut leur âme. Leur personnalité doit devenir docile, non pas aux ordres de l'éducateur, mais à la lumière de leur âme. Cela n'est pas aisé dans la période actuelle, car la place importante qui est accordée aux enfants tend à leur conférer des personnalités très affirmées, peut-être trop.

Problématique héritée d'une vie passée

Des âmes qui ont une problématique commune à résoudre peuvent s'incarner dans un contexte qui oblige leurs personnalités à être en relation. Celles-ci finissent par être pénétrées par l'impression d'avoir un compte à régler l'une avec l'autre. Il faut éviter de devenir prisonnier de sentiments de haine qui ne permettent plus d'avancer. En pardonnant à soi-même et aux autres, on se libère et l'on passe de l'orgueil à l'humilité.

Le problème du choix

Quels sont les critères qui nous permettent de répondre favorablement à un conjoint potentiel ? Cherchons-nous en priorité une personne qui comble nos manques ou faisons-nous des choix cohérents avec notre démarche spirituelle ? Est-ce que nous explicitons celle-ci à notre futur conjoint pour nous assurer qu'il pourra la partager avec nous ? Est-ce que nous réfléchissons bien avant de nous engager "pour le meilleur et pour le pire" ? Est-ce que nous évitons de nous lier et de nous délier au gré de nos caprices ?

Si nous ne parlons pas clairement de notre démarche, n'est-il pas naïf de supposer que notre conjoint nous accompagnera dans celle-ci ? Ne trahissons-nous pas cette personne en lui révélant notre démarche au dernier moment ? Pouvons-nous lui en vouloir de ne pas la partager et de ne pas nous comprendre ? Du fait des liens affectifs avec notre conjoint, n'allons-nous pas intégrer sa pensée et ses sentiments et être en porte-à-faux entre nos différents engagements ? Aurons-nous la force et l'amour permettant de vivre aux côtés d'une personne étrangère à notre démarche ?

Au premier degré, la relation que nous avons avec notre conjoint ne concerne pas le groupe. En revanche, le groupe est observateur de notre motivation et de notre implication. Si celles-ci s'amenuisent du fait d'une dualité entre les valeurs du groupe et celles de notre conjoint, notre participation au groupe devra momentanément être interrompue.

Mar. a décidé de cesser le travail de groupe. Espère-t-elle débusquer les mécanismes qui entretiennent sa profonde dualité ? Tristesse quand elle n'est pas dans le groupe, angoisse quand elle y est. Cette hésitation s'apparente à une névrose. Le problème du choix lui appartient, le groupe ne doit rien faire pour y remédier car il serait accusé de vouloir retenir Mar.

Le mal-être de Mar. n'est pas rassurant pour sa famille. Prenons conscience de l'image de la démarche que nous donnons aux détracteurs lorsque nous sommes inconsistants et désengagés. Nous sommes un peu responsables du jugement que ces derniers portent sur les groupes comme le nôtre.

Ceux qui sont à l'extérieur du groupe peuvent penser que la tristesse que nous exprimons parfois est causée par notre démarche. Ce n'est pas systématiquement le cas. Cette tristesse peut être due au constat d'un fossé entre nous et notre famille, au rejet et à l'incompréhension que nous subissons de leur part.

Mysticisme et occultisme

Faisons bien la distinction et le choix entre le mysticisme et l'occultisme (autre nom pour l'ésotérisme).

Le mystique cherche moins la Vérité que des émotions plaisantes, une sécurité affective et une quiétude égocentrique. Il accorde un sens extraordinaire à tout ce qui lui arrive, d'une manière très narcissique. Il est intéressé par lui-même, par ses impressions, par la relation que le Maître (réel ou imaginaire) entretient avec lui, par les messages ou les visions qu'il perçoit.

L'occultiste est zélé, déterminé à chercher la Vérité, il n'est pas tiède. Il avance sur une voie aride, non pas parce qu'il est seul – il y a toujours des frères autour de lui –, mais parce qu'il a laissé derrière lui les mirages de la sphère astrale, le Maître restant suffisamment éloigné pour l'inciter à avancer.

Il ne s'agit pas d'être intolérant vis-à-vis des religions ou des démarches mystiques, qui jouent un rôle essentiel pour élever l'humanité. Il s'agit de reconnaître que l'occultisme ne s'adresse pas à tous les hommes, mais seulement à ceux qui ont atteint le stade de fouler le sentier du discipulat.

Si nous n'avons pas une conscience élargie, si nous ne hiérarchisons pas ces différentes approches, sans pour autant les opposer, si nous prenons ici et là ce qui nous intéresse, nous entretenons des dualités et des dissidences qui ne permettent pas d'avancer en ligne droite. Est-il cohérent de ressentir de la dévotion envers un prêtre alors que nous fréquentons par ailleurs un Instructeur ?

Départ du groupe et trahison

En quoi ceux qui quittent le groupe commettent-ils une trahison ?

En réalité, personne n'a le désir de trahir, mais la trahison tire son origine du doute, de la paresse, de l'orgueil, de l'égoïsme, de la tiédeur.

Certains frères ont quitté le groupe parce qu'ils étaient découragés ou encore déchirés. D'autres sont partis parce qu'ils n'acceptaient plus la remise en question ou parce qu'ils espéraient trouver mieux ailleurs. Ont-ils trouvé la vérité ? Si c'était le cas, ils seraient aujourd'hui dans la joie et ne fustigeraient pas contre le groupe.

Nous sommes peut-être amenés à trahir lorsque notre mysticisme est illusoire. Notre démarche spirituelle peut être simplement le fruit d'une névrose, d'un besoin de réconfort, d'affection, d'être rassuré sur l'éternité de la vie.

Sommes-nous sûrs que nous ne considérerons pas comme des chimères ce que nous croyons aujourd'hui fermement ? Certains se sont mis à douter après avoir soutenu que cela ne leur arriverait jamais. Aujourd'hui, ils prônent l'individualisme et ne pensent peut-être plus à méditer.

Quand nous disons avoir confiance, sur quoi s'appuie-t-elle ? Quelles sont les preuves que nous nous donnons ? L'enseignement ésotérique est une science qui doit faire écho à ce que nous expérimentons. Lorsque nous ne travaillons pas suffisamment, nous n'obtenons pas de preuves, nous sommes alors enclins à nous décourager, à douter et à nous désengager. Du point de vue de la Hiérarchie, n'est-ce pas une trahison que de s'engager sur le Sentier, puis de faire marche arrière ?

L'analyse psychologique ne doit pas conduire à éliminer toute culpabilité et à autoriser n'importe quel type de comportement. L'oubli de l'éthique serait un échec.

Expérimentation et Rédemption

Il est nécessaire que les enfants expérimentent. Même si l'éducateur sait par avance que l'enfant va se tromper, il le laisse faire tout en l'accompagnant.

De même, le Sage comprend l'errance des hommes et les aime profondément. Bien qu'Il se dispense de vivre certaines choses, Il reste parmi eux pour les accompagner. Il ne rejette pas ceux qui ont encore tout à apprendre, Il s'approche d'eux, crée une relation affective, puis essaye de les élever en amorçant Lui-même une ascension. La Hiérarchie a appris à faire ce mouvement avec l'humanité.

Jusqu'à une certaine mesure, la souffrance est salvatrice, elle permet de trouver la voie de la libération. Le problème, c'est quand la souffrance conduit à la rébellion, celle de Satan ou des Forces Noires.

Heureusement, nous pouvons penser que toutes les âmes prisonnières de la densité la plus profonde pourront être libérées grâce aux Sauveurs qui peuvent descendre aux Enfers. Plus un Sauveur peut accéder à des vibrations élevées, plus son pouvoir est grand pour désagréger les vibrations les plus basses.

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